Femme confortablement installée dans un salon avec climatiseur mural split en fonctionnement
Publié le 23 février 2026

La semaine dernière, j’ai reçu un appel d’une cliente en larmes. Elle venait de passer sa troisième nuit blanche, son portable de 12 000 BTU tournait en continu, et la température de sa chambre ne descendait pas sous les 27°C. Soyons honnêtes : ce scénario, je le vois défiler tout l’été dans mon activité de frigoriste. La vraie question n’est pas de savoir si le mural est « mieux » que le portable – c’est de comprendre dans quelles situations précises l’un écrase l’autre, et pourquoi.

Mural ou portable : l’essentiel en 30 secondes

  • Le mural surpasse le portable dès qu’on utilise la clim quotidiennement ou plusieurs heures d’affilée
  • Le portable reste pertinent pour les locataires sans accord du propriétaire ou en usage occasionnel
  • En coût total sur 5 ans, le mural devient souvent moins cher malgré l’investissement initial

Portable ou mural : ce que les specs ne vous disent pas

Je ne vais pas vous mentir : les fiches techniques des fabricants racontent une belle histoire. Mais sur le terrain, la réalité est différente. Le problème fondamental du portable monobloc, c’est que vous devez laisser une fenêtre entrebâillée pour la gaine d’évacuation. Résultat ? L’air chaud entre par cette ouverture pendant que l’appareil s’épuise à refroidir. Selon l’étude ADEME sur l’efficacité des climatiseurs, les climatiseurs mobiles ne sont pas de véritables appareils de climatisation pour cette raison précise.

Le talon d’Achille du portable : cette gaine qui impose de laisser entrer l’air chaud



L’autre facteur que les vendeurs passent sous silence, c’est le bruit. Dans les appartements que je visite, les clients me décrivent souvent leur portable comme « une tondeuse dans la chambre ». Ce n’est pas exagéré : d’après une comparaison 2025 des niveaux sonores, un portable monobloc oscille entre 50 et 55 dB – le compresseur est dans la pièce avec vous. Un split mural avec technologie Inverter peut descendre à 20 dB, soit le niveau d’un murmure.

Le récapitulatif ci-dessous compare les deux technologies sur les critères qui comptent vraiment au quotidien. Ces données proviennent de mes observations terrain et des sources officielles – pas des brochures marketing.

Split mural vs portable : le vrai comparatif terrain
Critère Climatiseur mural split Climatiseur portable monobloc
Niveau sonore intérieur 20 à 45 dB 50 à 65 dB
Économie avec Inverter Jusqu’à 30% Rarement disponible
Coût installation ~2 500 € (monosplit) 0 € (plug & play)
Durée de vie moyenne 12 à 15 ans 5 à 8 ans
Contraintes installation Accord copropriété + déclaration mairie Aucune

Les 4 situations où le mural écrase le portable

L’installation d’un split demande un professionnel certifié, mais le confort n’a rien de comparable



Je me souviens de Marc, un retraité de Montpellier que j’ai conseillé l’été dernier. Son appartement sous les toits, plein sud, devenait invivable dès juin. Il avait acheté un portable en urgence – 650 partis en fumée. L’appareil tournait 14 heures par jour sans jamais descendre sous 26°C. Quand j’ai fait le diagnostic, c’était évident : pour un dernier étage mal isolé avec cette exposition, seul un mural avait une chance. La copropriété a d’abord refusé (délai de 2 mois pour la nouvelle AG), puis accepté avec contrainte esthétique – cache unité extérieure imposé, surcoût de 400 . Mais depuis, Marc dort fenêtres fermées à 22°C.

Ce cas illustre parfaitement les situations où le portable ne peut pas suivre. Pour vous aider à trancher selon votre profil, j’ai élaboré cet arbre décisionnel basé sur les installations que j’ai réalisées ces dernières années. Des professionnels comme westpoint-group.com proposent des gammes adaptées à chaque configuration.

Quel climatiseur pour votre situation exacte ?

  • Propriétaire + usage quotidien été :
    Mural split sans hésiter. L’investissement (~2 500 € pour un monosplit) est rentabilisé en 3-4 étés grâce aux économies d’énergie et au confort.
  • Locataire + bail supérieur à 3 ans + accord propriétaire :
    Mural split envisageable. Négociez une participation du propriétaire – c’est une plus-value pour son bien.
  • Locataire + bail court ou refus propriétaire :
    Portable haut de gamme. Privilégiez les modèles autour de 50 dB avec gaine d’évacuation optimisée.
  • Usage ponctuel (canicule seulement) :
    Portable entrée de gamme. Le rapport coût/usage est acceptable si vous ne l’utilisez que 2-3 semaines par an.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Acheter un portable surdimensionné pour « compenser » son inefficacité structurelle. Dans les appartements que j’ai audités en région parisienne et dans le Sud-Est, ce réflexe entraîne une surconsommation de 30 à 40% sans gain de confort réel. Ce constat n’est pas généralisable – il dépend beaucoup de l’isolation et de l’exposition – mais le schéma revient systématiquement.

Concernant les délais d’installation d’un mural, voici ce que j’observe sur mes chantiers : diagnostic pièce et exposition à J+0, devis installateur vers J+3, accord copropriété autour de J+15 (si nécessaire), installation effective vers J+21, et mise en service le lendemain. Comptez donc trois semaines à un mois en conditions normales.

Quand le portable reste une option défendable

Soyons clairs : je ne suis pas là pour vous vendre du mural à tout prix. Il existe des situations où le portable fait sens – et c’est ce qui manque cruellement dans les guides qu’on trouve partout. D’après l’analyse de la jurisprudence 2025 sur les climatisations en copropriété, l’autorisation d’installer une unité extérieure doit être votée en assemblée générale à la majorité (article 25 de la loi de 1965). Si votre syndic est hostile ou si l’AG n’est pas avant septembre, le portable devient votre seule option viable cet été.

Pour approfondir l’aspect budgétaire et comparer les scénarios d’installation, je vous recommande de consulter les détails sur le prix d’installation d’une climatisation avant de vous décider.

Quand le portable se défend


  • Zéro travaux, zéro autorisation nécessaire

  • Mobilité entre pièces ou logements

  • Budget initial 3 à 5 fois inférieur

Ses limites objectives


  • Bruit incompatible avec le sommeil (50-65 dB)

  • Efficacité compromise par la gaine ouverte

  • Durée de vie réduite (5-8 ans vs 12-15)

Mon avis (qui n’engage que moi) : si vous êtes locataire pour moins de deux ans et que le propriétaire refuse les travaux, prenez un portable silencieux haut de gamme et revendez-le en partant. C’est pragmatique, pas idéal.

Vos questions sur le choix entre mural et portable

Un portable peut-il vraiment rafraîchir une pièce de 25 m² ?

Théoriquement oui, avec un modèle de 9 000-12 000 BTU. En pratique, comptez plutôt une baisse de 3 à 5°C dans les meilleures conditions – loin des 7 à 10°C qu’un split peut atteindre. Si la pièce est exposée plein sud ou sous les toits, le portable sera systématiquement dépassé.

Faut-il l’accord de la copropriété pour installer un mural ?

Oui, obligatoirement. L’installation modifie l’aspect extérieur de l’immeuble. L’autorisation doit être votée en assemblée générale à la majorité (article 25), et une déclaration préalable de travaux à la mairie est également requise. Des jurisprudences récentes (Cour d’appel d’Aix-en-Provence, mai 2025) confirment ces obligations.

Le climatiseur mural fonctionne-t-il aussi en chauffage ?

La plupart des splits muraux sont réversibles (pompe à chaleur air-air). Ils peuvent chauffer efficacement jusqu’à -7°C extérieur environ. C’est d’ailleurs une condition pour bénéficier de certaines aides comme MaPrimeRénov’, qui exige un coefficient de performance saisonnier (SCOP) minimum de 3,9.

Un portable consomme-t-il vraiment plus qu’un mural ?

À puissance équivalente, oui. Le portable doit compenser en permanence l’air chaud qui entre par l’ouverture de la gaine. Ajoutez l’absence de technologie Inverter sur la plupart des modèles, et vous obtenez une surconsommation pouvant atteindre 30% selon les données ADEME.

La prochaine étape pour vous

Votre plan d’action avant l’été


  • Vérifiez votre statut : propriétaire, locataire, règlement de copropriété

  • Mesurez votre surface et notez l’exposition (la pire pièce en priorité)

  • Si mural envisageable : demandez 2-3 devis dès maintenant (les installateurs sont surchargés en juin)

  • Si portable obligatoire : ciblez les modèles sous 50 dB avec gaine isolée

Franchement, le pire serait de décider en pleine canicule, quand les prix flambent et les délais explosent. Si vous avez encore des doutes sur votre situation spécifique, posez-vous cette question : combien d’heures par jour allez-vous réellement utiliser cet appareil ? La réponse détermine tout le reste.

Rédigé par Julien Fournier, technicien frigoriste et conseiller en solutions de climatisation depuis 2014. Basé dans le Sud de la France, il intervient principalement auprès de particuliers pour des installations résidentielles et des audits de performance. Il a accompagné plusieurs centaines de foyers dans le choix et l'optimisation de leur système de rafraîchissement, avec une expertise particulière sur les problématiques d'appartements en copropriété et de logements mal isolés.